En Suisse, 28% des 490 entreprises sondées sont affectées par la pénurie de talents. Ce résultat, en baisse significative de 18 points par rapport à 2011 est le plus bas jamais atteint depuis le lancement de l’étude en 2006. Dans la région EMEA, c’est un employeur sur quatre qui déclare avoir des difficultés à combler les postes vacants. La Bulgarie (51%), la Roumanie (45%), l’Allemagne (42%), la Turquie (41%) et l’Autriche (40%) sont les pays où la pénurie de personnel qualifié est la plus marquée. Au niveau mondial, l’évolution la plus surprenante concerne la proportion d’employeurs indiquant que la vacance d’emplois n’aura pas ou peu de conséquences pour leurs principales parties prenantes, notamment leurs clients et leurs investisseurs. Ce pourcentage est passé de 36% en 2011 à 56% en 2012.
Les professions les plus recherchées en Suisse
Parmi les dix professions les plus recherchées dans notre pays, les Ouvriers qualifiés occupent la 1re place pour la troisième année consécutive. Les Ingénieurs grimpent à la 2e place après avoir occupé le 3e rang en 2011 et le 6e l’année d’avant. Les Collaborateurs au service externe passent de la 9e à la 3e position, suivis des Chefs et cuisiniers (4e). Le Personnel dans l’hôtellerie et la restauration (5e), qui avait disparu du classement suisse en 2011, réintègre les professions les plus recherchées. Pour la première fois, les Spécialistes marketing, relations publiques et communication (10e) intègrent le classement, alors que quatre catégories disparaissent par rapport à 2011 : les Cadres / directeurs d’entreprise, les Techniciens, les Médecins et personnel soignant (non infirmier) et les Chauffeurs.
La première raison évoquée par les employeurs suisses qui peinent à recruter reste le manque ou l’absence de candidats disponibles qui devient préoccupante pour 62% des entreprises, contre 35% en 2011. Suivent le manque de compétences techniques / savoir-faire (26%) et le manque d’expérience (21%). Pour surmonter cette pénurie de talents, la stratégie la plus appliquée (20%) est celle qui consiste à offrir davantage de programmes de formation et de développement au personnel existant.
Résultats internationaux
Dans le monde, parmi les dix professions les plus recherchées, figurent les Ouvriers qualifiés qui passent du 3e rang à la tête du classement, suivis des Ingénieurs (2e) et des Collaborateurs au service externe (3e). Les Techniciens, qui occupaient la 1e place en 2011, passent au 4e rang. Ces quatre professions, dans un ordre différent, occupent le haut du classement depuis six années consécutives. Les pays qui font aujourd’hui face à la pénurie de talents la plus marquée sont, le Japon (81%), en tête pour la deuxième année consécutive, suivi du Brésil (71%), de la Bulgarie (51%), de l’Australie (50%), des Etats-Unis (49%) et de l’Inde (48%). A l’inverse, l’Irlande (2%), les Pays-Bas (7%), l’Espagne (9%) et l’Afrique du Sud (10%) sont moins touchés par le manque de personnel. A l’échelle mondiale, la hausse la plus significative en comparaison annuelle est enregistrée en France (+9 points), alors que les plus fortes baisses sont rapportées par l’Inde (-19 points), la Suisse (-18 points) et l’Italie (-15 points).
Les raisons des difficultés à recruter du personnel qualifié concernent autant le manque de candidats (33%) que le manque de compétences techniques (33%), suivies du manque d’expérience (24%). Pour répondre à ces défis, la stratégie la plus suivie (25%) consiste à mettre en place des programmes de formation et de développement pour le personnel existant.
Livre blanc Manpower : Sortir de l’engrenage de la crise des talents
Bien que les pénuries de talents n’aient pas faibli, les employeurs expriment considérablement moins d’inquiétude que l’année dernière quant à l’impact de ces pénuries sur leurs clients et investisseurs. Ce résultat surprenant représente peut-être le signe d’une nouvelle normalité qui indiquerait que beaucoup d’entreprises se sont habituées à la crise. Alors que la crise des talents s’aggrave dans le monde, la majorité des employeurs semblent rester inactifs face à cette situation, mettant à terme en péril la croissance de leur entreprise, puisque le talent et le potentiel humain représentent plus que jamais des avantages concurrentiels. Il est dès lors impératif de mettre en place des solutions de gestion du personnel dans le cadre d’une stratégie plus vaste et holistique pour répondre à cette problématique. Les entreprises devraient considérer plus intensément la nécessité de lier la stratégie du personnel à celle de l’entreprise afin que les ressources humaines ne se limitent pas à pourvoir les postes vacants mais contribuent au développement de l’entreprise.
Le dernier livre blanc de Manpower explore des solutions spécifiques pour répondre à cette pénurie. Parmi les pistes proposées, Manpower développe le profil modulable, qui vise à embaucher des personnes ne disposant pas de toutes les compétences requises mais ayant le potentiel nécessaire pour se former. Le spécialiste du travail fixe et temporaire évoque aussi la migration stratégique, qui a pour objectif d’explorer la délocalisation des talents ainsi que le travail flexible, qui constitue aujourd’hui l’une des stratégies les plus suivies par les entreprises. Ce livre blanc explore encore l’hyperspécialisation qui vise à fractionner le travail en parties de plus en plus petites jusqu’à ce qu’il puisse être réalisé de façon optimale par des collaborateurs spécialement formés pour accomplir ces tâches. Enfin, Etendre les réservoirs de talents habituels représente une solution qui consiste à changer la façon dont les employeursconçoivent le travail en pensant les profils de poste différemment pour recruter dans des réservoirs de talents insuffisamment exploités, notamment les femmes et les jeunes. L’ère de l’humain prend alors toute sa signification en plaçant le talent et le potentiel humains au coeur de la stratégie des ressources humaines et de la stratégie d’entreprise. Dès lors, les employeur qui ne se soucient pas des conséquences engendrées par les postes non pourvus sur leur chiffre d’affaires se mettent dans une situation défavorable par rapport à ceux qui auront compris que, dans l’ère de l’humain, ce sont les talents qui feront la différence.
Les 10 professions les plus recherchées en 2012
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