
Situation générale
Les investisseurs se sont récemment montrés plus sensibles aux mesures politiques annoncées qu’aux chiffres économiques –toujours faibles– et la demande pour les actifs risqués s’est renforcée, avec des marchés boursiers soutenus et une forte correction du dollar, perdant son statut de valeur refuge, contre l’euro et les principales devises.
La Cour constitutionnelle allemande a donné mercredi son aval à la stratégie européenne de lutte contre la crise de la dette en approuvant le mécanisme européen de stabilité financière (MES) et au traité budgétaire. Le lendemain, la FED est arrivée, avec l’épisode 3, tant attendu par le marché, du Quantitative Easing. La politique de taux zéro va être étendue jusqu’à mi 2015 et un programme d’achats de titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) de 40 mrds USD/mois de durée indéterminée va s’ajouter aux 45 mrds/mois d’achats d’obligations du Trésor (de l’Opération Twist). Le but est d’enlever de la pression sur le marché immobilier qui constitue une source déflationniste et inciter les agents économiques à dépenser et investir. L’élément novateur de cet épisode se trouve moins dans les quantités annoncées et la cible – qui peuvent décevoir certains – que dans le lien explicite exprimé par la FED entre assouplissement monétaire et marché de l’emploi américain. Ces achats de MBS vont durer tant que le taux de chômage (actuellement à 8%) ne baisse pas substantiellement, probablement longtemps après la reprise économique. Dans ce contexte, le contrôle de l’inflation devient très secondaire. Il semble toutefois risqué de lier un instrument politique (la taille du bilan) à un objectif macro-économique (l’emploi) alors que le lien n’est pas clairement établi. En Europe, la BCE se retrouve quant à elle avec deux objectifs principaux : aider à résoudre la crise de la dette et faciliter l’intégration européenne.
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