
Chine, Inde, Brésil, trois des pays du BRIC rencontrent des problèmes de croissance que Patrick Artus, directeur de la recherche auprès de Natixis, qualifie de « chroniques ». Il invite donc les investisseurs à s’en protéger car : « si les grands émergents ont des difficultés avec leur croissance, ils vont mener des politiques monétaires plus expansionnistes, attireront moins les capitaux de non résidents, donc leurs monnaies s’affaibliront. » Ce constat va très à l’encontre du consensus actuel et il convient d’éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain.
Quoique fortement sous-pondéré sur la zone BRIC, Daniel Tubbs, gérant du fonds de Mirabaud dédié aux marchés émergents, y trouve néanmoins « un monde d’opportunités ». Selon lui, le cas des marchés émergents tient essentiellement en trois arguments, à savoir une croissance rapide, une consommation intérieure en hausse, une importance politique et économique de plus en plus marquée. Cet optimisme se fonde sur le fait que la zone émergente est relativement « protégée des chocs externes ». Globalement, le niveau d’endettement des pays qui la composent est faible ou en baisse, ces pays disposent de réserves de change élevées ainsi que d’excédents « raisonnables » de leurs balances courantes. Conclusion, l’investissement dans les marchés émergents ne devrait plus être considéré comme un investissement de « niche » mais au contraire, comme un gisement de performances encore largement sous-exploité.
Par Véronique Bühlmann
Rédactrice en chef du magazine market.ch
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