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To be durable or not to be ?

11.12.2018 - 19:39
L’empreinte d’une humanité en ex- croissance, sur le vivant de la seule Planète totalement bio-diversifiée du système solaire, devient un défi pour un développement économique à long terme. En 1950 la population mondiale comptait 2,5 milliards d’êtres humains. En 2016, le niveau était de 7,4 milliards et les projections font ressortir un niveau de 10,7 milliards en 2075. Par Olivier Ferrari.

Une telle extension de la population est un indicateur positif de croissance et offre des potentiels de développement dans les logements, les infrastructures, pour connecter le développement des villes, tout ce qui est lié à la connectivité, aux biens de consommation avec son corollaire de production de ces derniers, des services, etc. Cependant, il ressort que pour supporter les besoins de l’ensemble de ces nécessités, notre modèle économique actuel a utilisé jusqu’à ce jour des ressources fossiles telles que le pétrole, le charbon et le gaz dont la transformation et la combustion ont eu un impact dommageable sur l’environnement.

Le 11 décembre 1997 a été signé le Protocole de Kyoto, au Japon, lors de la 3e Conférence des parties à la convention (COP3). Celui-ci est un accord international visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour atténuer l’impact de notre civilisation sur les changements climatiques. Ce protocole est entré en vigueur le 16 février 2005 aux quatre-vingts dixièmes jours après la date à laquelle au moins 55 Parties à la Convention, incluant les Parties Annexe I qui comptaient en 1990 un total d’au moins 55 % des émissions de CO2 de ce groupe, avaient déposé leurs instruments de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’accession ». Au 14 janvier 2009, 184 États avaient déposé leurs instruments de ratification, d’accession, d’approbation ou d’acceptation ». Ce protocole visait à réduire, entre 2008 et 2012, d’au moins 5 % par rapport au niveau de 1990 les émissions de six gaz à effet de serre : dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote et trois substituts des chlorofluorocarbones. Comme on le sait, les intentions sont vaines lorsque celles-ci ne sont que des engagements sans contraintes de réalisation.

Le 12 décembre 2015, lors de la COP21 est adopté l’Accord de Paris qui a été signé par 197 pays, dont 147 l’ont ratifié depuis. L’objectif est de lutter contre le changement climatique par la volonté de contenir « l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux industriels et [à poursuivre] l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels ». Or, les derniers rapports d’analyse font ressortir que la Planète évolue vers une augmentation de 3 °C des températures mondiales. Ceci est confirmé par le dernier rapport récemment publié du Giec, le Groupe d’experts inter- gouvernemental sur l’évolution du climat. Plus alarmant encore, des scientifiques re- lèvent que nous pourrions prochainement assister à un phénomène d’accélération dans le temps de cette hausse de la température, par le phénomène de la disparition de la calotte glaciaire de l’Arctique en été. Ce phénomène amenant un mélange accéléré des eaux des océans Atlantique et Pacifique pourrait conduire rapidement à une hausse extrême des températures.

Si les énergies fossiles sont le nerf du développement économique, la finance en est le sang qui alimente les investissements. Dans la mesure où le politique s’entend sur des principes d’action, mais ne prend pas de dis- position affirmée pour agir, il incombe dès lors à l’économique d’apporter des solutions concrètes, gages d’une croissance durable.

L’industrie de la finance dévoile ses « pro- jets » pour prendre une position déterminante dans un marché en pleine expansion. Ceci est un pas positif, avec toutes les dérives d’uniformisation de produits, plus en relation avec de l’ingénierie financière qu’avec le développement d’une économie réelle. Sur le graphique ci-après est développée une approche de finance durable.

Le fondement d’un développement durable repose sur la considération de l’utilisation des matières disponibles qui sont déterminées quant à la disposition de celles-ci en termes de stock. Tout consommable, que celui-ci soit un service ou un produit physique, dispose d’un cycle de vie qui impose une empreinte déterminée sur l’environnement, tant en termes de fabrication, que d’utilisation et d’élimination. L’ensemble du cycle de vie de tout consommable est supporté par l’utilisation d’énergie. Celle-ci est, actuellement, supportée principalement par des énergies fossiles. L’évolution exponentielle des besoins créés est une pression constante sur les stocks disponibles. Il est dès lors fondamental d’avoir une transition vers des énergies renouvelables. Les potentiels sont presque infinis puisque cela peut com- biner énergie solaire, éolienne, hydraulique, géothermique, de biomasse et des déchets, en passant par l’hydrogène avec pour corollaire le développement tant de solutions d’efficience que de nouvelles technologies.

Cette production est, dans tous les cas, le fondement de l’utilisation de matières premières qui réduisent constamment les stocks. Ce premier niveau d’extraction conduit à une création d’impact négatif sur l’environnement, de même que de déchets. La transformation pour une mise à disposition de ces ressources crée également un deuxième niveau de déchets. La fabrication de chaque consommable conduit également à un nouveau palier de matière perdue. Ceci sans compter que chaque consommable propre devient lui-même un déchet en fin de cycle de vie. Comme il ressort de notre graphique, quasiment toute la matière extraite devient un déchet dont l’élimination est à charge de la société.

Considérer l’ensemble de ces résidus de notre consommation non plus comme éléments de perte, mais bien comme nouveaux stocks de matières à disposition de l’économie, permet de créer de nouveaux stocks et ainsi de développer économiquement l’industrie durable. Cette démarche se heurte toutefois à une problématique qui est le coût d’une nouvelle matière « réintégrée » par rapport à celle d’une matière première « d’origine ». Pour que le circuit soit économique et responsable, il convient d’intégrer dans la valeur de la dite matière première « d’origine » le coût des externalités de toute réintégration dans un concept d’économie circulaire, ce qui rendra compétitif l’ensemble de l’offre de matières diversifiées à disposition d’un développement plus responsable.

Cette démarche soutient ainsi un respect de l’Environnement, une réelle responsabilité Sociale ainsi qu’une bonne Gouvernance de l’exploitation des ressources disponibles. Dans la finance on parle d’investissements « ESG ». Le tout permet d’avoir un impact positif sur l’environne- ment et la société humaine en général.

Dès lors, de parler d’investissement sociale- ment responsable avec un respect de l’environnement, et une bonne gouvernance dans une approche d’économie réelle, répondaux besoins du développement de notre économie et de la société en général, sans culpabilité et avec de vraies créations de va- leurs pour tout investisseur et conduit à la réalisation de l ’objectif de l’Accord de Paris.

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