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L’indice des plans de pensions indique un déficit

18.10.2019 - 08:20
Les bilans des entreprises suisses ont été mis à mal au troisième trimestre en raison de la chute des taux d’actualisation, de sorte que l’indice des plans de pensions de Willis Towers Watson affiche un déficit pour la première fois depuis le deuxième trimestre 2017. Les rendements des actifs, globalement en phase avec les rendements observés au deuxième trimestre, ont peu compensé l’impact de la baisse significative des taux d’actualisation. Dans l’ensemble, l’indice illustratif du taux de financement (c.-à-d. le rapport entre actifs et engagements de prévoyance) a diminué de quelque 4 %, comme le montre l’indice des plans de pensions de Willis Towers Watson qui est passé de 103,5 % au 30 juin 2019 à 99,6 % au 30 septembre 2019.

L’indice des plans de pensions du Swiss Pension Finance Watch de Willis Towers Watson est publié tous les trimestres par le consultant sur la base de la norme comptable internationale 19 (IAS19). Il illustre l’évolution de la position générale de financement d’un trimestre à l’autre selon IAS19 plutôt que de donner le degré de couverture typique des plans de pensions suisses.

Les entreprises doivent faire face à des taux d’actualisation négatifs

La notion de « taux d’actualisation » a été remise en question au troisième trimestre. « Au troisième trimestre, nous avons constaté pour la première fois des taux d’actualisation négatifs en Suisse à des fins de comptabilité IAS19, » explique Guillaume Hodouin, Head of Retirement en Romandie chez Willis Towers Watson à Lausanne. Après un léger rebond en septembre, les taux d’actualisation demeurent négatifs à court terme, et à peine positifs sur le plus long terme. Des taux d’actualisation négatifs signifient que les engagements futurs ne sont plus actualisés pour calculer leur valeur à l’heure actuelle, mais qu’ils sont surévalués. « Il est certes impossible de prédire l’évolution des taux d’actualisation au quatrième trimestre, mais nous préparons les entreprises à la possibilité surprenante, mais réelle, de taux d’actualisation négatifs à l’occasion des évaluations IAS19 en d’année 2019. Certains taux sont d’ores et déjà négatifs pour l’établissement des rapports au 30 septembre 2019, » ajoute-t-il. Le moment est bien choisi pour s’assurer que les hypothèses émises à des fins de comptabilité représentent les meilleures estimations de l’expérience du plan à ce jour. L’ajustement de certaines hypothèses n’ayant pas fait l’objet d’un examen au cours des dernières années pourrait offrir un répit pour le moins bienvenu en matière d’engagements de plans de pensions lorsque ces derniers sont mis à jour pour refléter l’expérience réelle.

Il est important que les entreprises soient conscientes des conditions actuelles du marché et de leur impact pour les plans de pensions figurant dans leurs propres comptes. Cette sensibilisation peut permettre aux entreprises d’anticiper des changements significatifs en matière de résultats comptables internationaux. Une autre approche est d’optimiser l’exposition au risque en revoyant la conception des plans de pensions.

Examen de l’exposition au risque à divers horizons

Alors que l’incertitude perdure sur les marchés compte tenu de conflits commerciaux, de l’instabilité politique et de la persistance du cycle économique, les investisseurs se sont tournés vers la sécurité relative qu’offrent les obligations de qualité supérieure, contribuant encore davantage à la baisse des rendements. Toutefois, les actifs à rendement élevé tels que les actions sont restés positifs alors que les banques centrales ont à nouveau assoupli leur politique monétaire face à des perspectives de croissance économique chancelantes.

Il est impératif que les conseils de fondation ne se laissent pas excessivement influencer par les fluctuations à court terme de l’humeur des marchés. Si les marchés demeurent volatils et alors qu’une récession est tout à fait possible dans un avenir proche, les conseils de fondation doivent se concentrer sur leur positionnement stratégique à plus long terme sur plusieurs classes d’actifs. Pour Jérôme Franconville, Head of Investment chez Willis Towers Watson à Lausanne, « conserver un portefeuille bien diversifié réparti sur plusieurs facteurs de risque constitue la meilleure manière pour les plans de pensions de traverser cette phase de volatilité à court terme. Les perspectives de placement à long terme dont disposent les plans de pensions constituent un avantage concurrentiel qui risque de s’éroder rapidement en cherchant trop à anticiper l’évolution des marchés. Les caisses de pensions peuvent examiner leurs diverses expositions au risque à différentes périodicités, que ces risques soient récompensés ou non, en réalisant une étude ALM (Asset Liability Model) tous les deux à trois ans. En plus d’intervenir dans certains aspects du marché des capitaux, ce processus permet aussi d’aligner la stratégie du portefeuille avec les engagements du plan de pensions. Par ailleurs, la poussée spectaculaire de l’intérêt que suscitent les investissements durables s’avère parfaitement cohérente avec les objectifs d’un plan de pensions. Dans l’idéal, ces aspects devraient être pris en compte dans l’élaboration de la philosophie de placement au début de tout ALM. »

Les rendements des actifs ont partiellement compensé l’augmentation des engagements

Le marché des actifs a conclu le troisième trimestre avec de nombreux indices proches de leur niveau historique malgré un mois d’août difficile. Le rendement de 12,2 % jusqu’à présent en 2019 (illustré par l’indice Pictet LPP-40 plus de 2005), comprenant un bon rendement de 2,2 % au troisième trimestre, a été accueilli favorablement par les sociétés aux bilans significatifs alors que la contraction du rendement des obligations corporatives se poursuit. Tandis que ces derniers ont encore plongé de 33 points de base pour atteindre un niveau historiquement bas pour la Suisse, les engagements de prévoyance ont augmenté de 6,3 %. L’effet conjugué de la hausse des engagements de prévoyance et la compensation minimale des rendements positifs des actifs du dernier trimestre ont entraîné une baisse de l’indice, inférieur à 100 % pour la première fois en deux ans et demi

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