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Syrie : Macron et Trump veulent "une réaction ferme" et commune

16.04.2018 - 16:06
Les présidents français et américains s'expriment d'une même voix. Les deux hommes ont eu un nouvel entretien téléphonique, pour la deuxième fois en deux jours, et souhaitent "une réaction ferme" de la communauté internationale, a annoncé l'Elysée dans la nuit de lundi à mardi. Donald Trump a promis lundi 9 avril des "décisions majeures" pour "ce soir ou très bientôt" sur une possible action militaire américaine en Syrie, accentuant la pression sur le pouvoir de Bachar al-Assad et ses alliés russes et iraniens après une attaque chimique présumée qui a provoqué un tollé international.

A l'ONU, une réunion d'urgence du Conseil de sécurité, réclamée notamment par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, a débuté vers 19 heures GMT. Le trio occidental devait s'afficher uni face à la Russie pour montrer qu'il a essayé toutes les options diplomatiques avant un éventuel recours aux armes.

Washington veut notamment réclamer une "enquête indépendante" sur l'attaque présumée de samedi 7 avril aux "gaz toxiques" contre Douma, dernière poche rebelle aux abords de Damas, qui a été imputée au régime syrien. Et exiger que ses "auteurs" rendent des comptes. Plus tôt à la Maison Blanche, le président américain dénonçait une attaque "atroce, horrible".

Une réaction forte et rapide

"Nous allons rencontrer les responsables militaires et tous les autres et nous prendrons des décisions majeures dans les 24/48 heures", a-t-il martelé. "Nous allons prendre une décision ce soir ou très bientôt", a-t-il assuré. Son ministre de la Défense Jim Mattis a assuré ne rien exclure quant à d'éventuelles frappes contre le régime.

Et la Maison Blanche a mis en cause la "responsabilité" de la Russie et de l'Iran, estimant que le pouvoir syrien ne pouvait mener une attaque chimique "sans leur aide matérielle". Donald Trump avait déjà averti Damas, Moscou et Téhéran qu'ils pourraient "payer le prix fort".

La tension monte entre Washington et Moscou

Le président russe Vladimir Poutine a condamné pour sa part le caractère "inadmissible" des "spéculations" sur cette attaque chimique présumée. Selon Moscou, il est nécessaire d'élucider "de manière très minutieuse" ce qu'il s'est passé à Douma. Les Etats-Unis ont fait circuler lundi 9 avril un projet de résolution réclamant la création d'un nouveau "mécanisme d'enquête indépendant des Nations unies" sur le recours aux armes chimiques en Syrie, mais un vote n'était pas attendu dans l'immédiat.

Plusieurs sources diplomatiques ont rapporté lundi, après des consultations à huis clos ayant suivi une séance publique du Conseil de sécurité, que les Etats-Unis avaient fait part de leur volonté de soumettre leur texte à un vote mardi. Cette position semble indiquer qu'un passage à l'acte n'interviendrait pas avant une mise au vote du texte américain.

Néanmoins, pour l'ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vassily Nebenzia, le projet de résolution américain proposé contient "des éléments inacceptables" qui rendent les choses "pires". Il est "dangereux non seulement pour la Syrie mais aussi pour le monde (...), la paix et la sécurité internationales", a insisté le diplomate russe.

Qui est à l'origine des tirs de missiles ?

Dans ce contexte, le spectre d'une riposte militaire a aussi été ravivé lundi après des tirs de missiles contre la base militaire T-4 du régime, dans le centre de la Syrie. Mais c'est Israël qui a été accusé par Damas et ses alliés russe et iranien. Après avoir menacé le régime d'une "réponse forte", Paris et Washington ont démenti être à l'origine de ces frappes.

"En ce moment, les Etats-Unis ne mènent pas de frappes aériennes en Syrie", a redit lundi après-midi la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders, en insistant bien sur le fait que cela ne présageait pas de l'avenir.

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